Les Germains

21 04 2008

Suite à la demande d’un de mes lecteurs, l’article de la semaine est dédié aux tribus peuplant l’Est du Rhin que les Romains nommaient ” Germains “.

Les Germains ne connaissant pas l’écriture et ayant encore moins de contact que les Celtes avec les Grecs et les Latins, peu d’éléments de leur culture nous sont parvenus.

Ils ne font leur apparition dans le monde latin qu’à partir du IIe siècle av. J.-C.. D’importantes vagues migratoires provenant des profondes forêts germaniques se rependent progressivement sur le territoire celtique, notamment en Gaule et provoque des effets de ” domino ” en chassant les Celtes de leurs terres.

Ces mouvements de population et les conflits qui éclatent entre Celtes et Germains inquiètent les Romains, qui voient d’un mauvais oeil ces bandes armées déferler au nord de leurs frontières et menacer leurs colonies celtiques.

Vers -110 Rome se décide à porter assistance à ses alliés du nord. Mais les premières batailles sont un désastre pour les légions.
Le spectre du sac de Rome par les Gaulois au IVe siècle av. J.-C. ressurgit.

Un général, Caius Marius, aux idées novatrices et controversées est placé à la tête de l’armée. Il entreprend de profondes réformes des légions en créant une armée de professionnels.
En -102, Marius écrase les Germains non loin d’Aix-en-Provence sur une montagne que l’on nommera plus tard ” Sainte Victoire ” en mémoire de ce jour glorieux.

Mais les invasions ne cessèrent pas pour autant.

En -58 une nouvelle invasion sur les territoires actuels de la Suisse, pousse les Helvetes à migrer.
Cette migration déclenche une guerre inter celtique qui poussera une nouvelle fois les légions romaines à intervenir. À leur tête se trouve un jeune général ambitieux : Caius Julius, plus connu sous le nom de César.

César est le premier à avoir réellement décrit les moeurs des Celtes, mais aussi des Germains, qu’il sera également amené à combattre.

Pour les Romains, les Germains - encore plus que les Celtes - sont la personnification même des ” barbares “.
Ils ont un aspect farouche et effrayant : des colosses, bien plus grand et robuste que les peuples de méditerranée.
Ce sont de très bons cavaliers maniant de grandes épées ou des haches de guerre.
Contrairement aux Celtes qui sont sédentaires et d’excellents fermiers, les Germains sont des pasteurs nomades qui refusent de s’installer définitivement dans un lieu afin de ne pas succomber à la tentation du droit de propriété (source, selon eux, de conflits fratricide).
Ils n’ont pas de Druide comme les Celtes, mais pratiquent un polythéisme issu de la culture Scandinave et voue un véritable culte à la guerre.

César réussit à repousser les Germains à l’Est du Rhin, mais prend conscience que les légions ne pourront pas les vaincre sur leurs propres terres. Les forêts de Germanie sont bien trop denses pour les légions entrainées à manoeuvrer en rase campagne.

Rome adopte à l’égard des Germains une politique de confinement qui vise à les contenir derrière une frontière fortifiée : les limes.

Au cours des siècles, l’Empire affrontera à de nombreuses reprises les Germains.
Certaines tribus seront finalement soumises ou s’allieront aux Romains.
De nombreux mercenaires ou auxiliaires seront engagés dans les légions, notamment comme cavalier.

En 476, l’Empire est divisé et complètement affaibli.
Des Germains - de la tribu des Skires - entrent finalement à Rome et déposent le dernier Empereur de Rome.

C’est la fin de l’Antiquité et le début du Moyen-Âge.

Pendant 200 ans, l’Europe va connaitre de nombreuses migrations germaniques que l’on nommera plus tard ” les grandes invasions “.

De nouveaux royaumes sont fondés sur les cendres de l’Empire romain.
Sur une grande partie de l’ancienne Gaule s’installent les ” Francs ” qui joueront un rôle central dans la fondation du royaume de France !




La Corse antique

19 11 2007

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Le procès d’Yvan Colonna, fait une nouvelle fois parler de la Corse et de ses indépendantistes.
Le peuple corse a toujours revendiqué sa particularité culturelle.
En réalité, le peuple corse est le fruit d’un brassage ethnique et culturel.

Dès l’aube de l’Antiquité, la Corse de par sa position stratégique, a été l’objet de convoitise de toutes les puissances naissantes autour de la méditerranée.

Le premier grand peuple historique à venir s’établir en corse fut celui de Phocée.
De la même façon dont ils fondèrent sa grande soeur jumelle Massalia (Marseille) sur le continent, les Phocéens (peuple grec d’Asie Mineure) en 545 av JC créèrent un comptoir dans un vaste port naturel qu’ils nommèrent Alalia (Aléria).

Dix ans plus tard, Carthage, la grande rivale de Rome qui domine tout le Sud de la méditerranée, s’empare de la Corse.

Après la défaite de Carthage face à Rome, la Corse devient Romaine pendant 7 siècles.

A la chute de l’Empire romain, l’ile est livrée à elle-même, à la merci des pirates et des barbares (Vandales et Ostrogoths).

Finalement, elle sera reprise par l’Empire byzantin (vestige de l’Empire romain d’Orient) pendant 2 siècles.

Par la suite, la Corse sera tour à tour sous domination italienne et française, subissant constamment des raids maures.

Elle sera définitivement française à la révolution.