Les Guerriers Bleus

2 04 2008

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Alexandre le Grand, alors en guerre contre les tribus du nord de la Grèce, reçoit des ambassadeurs celtes, venus de lointaines contrées que les Grecs nomment “barbare”.
Le grand Roi est intrigué par ces hommes à l’apparence farouche. Il leur demande alors ce qu’il redoute le plus au monde, espérant bien qu’ils répondent que c’est lui. Mais les Celtes lui rétorque que s’ils mettent au-dessus de tout l’amitié d’un homme tel que lui, ils ne craignent en fait qu’une seule chose : que le ciel ne leur tombe sur la tête !
Alexandre séduit, leur offre son amitié et conclut une alliance avec eux.

Ne connaissant aucune unité politique, la civilisation celtique est en réalité constituée d’une myriade de peuples aux cultures similaires se répandent des colonnes d’Hercule jusqu’aux rives du Danube. La présence celte est attestée sur les territoires actuels de l’Espagne, du Portugal, de la France, du Royaume-Uni, de la Suisse, du nord de l’Italie, de l’Autriche et une partie de l’Allemagne. Leur origine est très ancienne et se perd dans la nuit des temps, probablement issue des premiers peuplements européens par les hommes.

Les Celtes ne connaissaient pas l’écriture ou très peu. Quelques Celtes ont appris l’écriture grecque, notamment au contact de Massalia (Marseille). Mais, peu de textes rédigés par les Celtes nous sont parvenus. Les Celtes sont apparus dans l’Histoire au travers de textes postérieurs, rédigés principalement par leurs ennemis et en particulier par Jules César entre -58 et -52 dans son ouvrage “la guerre des gaules“.

Les “Barbares”, comme les nommes les Grecs et les Romains, sont par conséquent en grande partie connu pour leur caractère belliqueux et leur réputation de féroce guerrier. Rome se méfie de ces dangereux voisins qui ont saccagé et pillé la ville à l’époque où la république était encore jeune. Les stratèges romains font dresser des cartes de ces terra incognita. Ils découperont l’Europe celtique et plusieurs territoires : la péninsule Ibérique, la Gaule, la Belgique, la Britanie, la Germanie, etc..

En -58, Jules César est gouverneur de la Gaule cisalpine ( nord de l’Italie) et transalpine (sud-est de la France). À la tête de 4 légions, il intervient dans un conflit qui oppose plusieurs tribus gauloises. C’est le début de la guerre des gaules qui poussera progressivement les Romains à soumettre l’ensemble des nations celtiques.

Les légions doivent affronter de puissants guerriers à l’apparence terrifiante. Les Celtes sont, du point de vue des Romains, de vrais colosses. Ils portent les cheveux et une barbe longue, combattent nus ou quasiment nus et se recouvrent le corps de peinture de guerre bleue. Ils utilisent également de puissantes trompettes au son discordant dans le but d’effrayer leurs ennemies.
Les guerriers affectionnent particulièrement le combat à cheval ou aux rennes d’un char de guerre. Du fait de leur grande maitrise des métaux, ils emploient de puissantes armes, notamment de grandes épées à deux mains.

Toutefois, les Celtes sont des guerriers rebelles et insoumis. Leur esprit belliqueux qui effraie tant leurs ennemis finira par causer leurs pertes. Les légions n’affrontent pas une armée, mais un groupe de guerriers se battant chacun pour sa gloire personnelle. Malgré leur supériorité numérique et leur valeur au combat, les Celtes seront défaits par les stratèges romains et leurs armées de professionnels disciplinés. Vercingétorix, le célèbre chef gaulois de la tribu des Arvernes, tentera de fédérer les nations de gaules afin de chasser l’envahisseur. Il sera tout de même vaincu à Alésia en -52, puis exécuté à Rome lors du triomphe de César.

Finalement, les Gaulois et leurs cousins celtes seront contrait d’accepter la Pax Romana et de déposer les armes. Mais leur expérience guerrière ne sera pas perdue. Les Romains les recruteront en masse dans les légions, particulièrement comme auxiliaire de cavalerie. Les nouveaux maitres de l’Europe profiteront également du savoir exceptionnel de leurs anciens ennemis dans la forge des métaux. C’est ainsi que la cotte de maille par exemple sera intégrée aux équipements des soldats et connaitra un franc succès même au-delà de Rome et jusqu’à la fin du moyen âge.

De façon générale, Rome n’a jamais complètement “romanisé” le monde celtique. La culture et les traditions ont perduré à travers les âges jusqu’aujourd’hui. Loin de l’image du barbare sanguinaire qu’ont voulu leur prêter leurs ennemis, les Celtes ont fait preuves d’une culture riche et d’un artisanat exceptionnel, notamment dans le travail d’orfèvrerie.

Il est communément admis que la civilisation européenne est basée sur la culture latine et grecque, mais il me semble plus juste d’ajouter la culture celtique comme troisième support à notre héritage.




Ceux qui vont mourir te saluent !

3 03 2008
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Gladiateur
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Dans une société civilisée où la violence est bannie du comportement social citoyen, un exutoire passionnel et ludique s’avère souvent indispensable.
Petit à petit, grâce à ses qualités propres, mais grandement aidées par l’hypermédiatisation de notre époque, le sport et en particulier le football s’est imposé comme le plus important de ces exutoires, rejoignant les Jeux du Cirque de la Rome Antique.
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La crainte de l’étranger, du barbare brutal et impitoyable menaçant la civilisation, a toujours été au coeur des préoccupations des Romains.
Depuis les prémisses de la République jusqu’à la chute de l’Empire, cette crainte a été le moteur de l’aventure romaine.
C’est cette peur qui pousse les Romains à organiser, inventer, créer.
C’est cette peur qui pousse Rome à dominer le monde, à éduquer et civiliser cette bête incontrôlable de barbare. C’est cette peur aussi qui paradoxalement nourrit l’esprit sanguinaire et violent de Rome.
Une époque sanglante de guerre quasi perpétuelle, une époque du culte de la force virile et de la mort.
Rome est une société qui a besoin d’un exutoire à la hauteur de ses ambitions.
Les Jeux du cirque sont le reflet de cette civilisation si brillante et si sombre.
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Ces jeux comprennent des activités nombreuses et variées : des courses, de l’athlétisme, de la boxe, du théâtre, etc.
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Le plus prestigieux des jeux était probablement les célèbres courses de chars.
À l’image de nos courses automobiles modernes, les chars devaient effectuer sept tours de piste, et cela le plus rapidement possible. Tous les coups étaient évidemment permis, et même encouragés. Les accidents étaient fréquents et souvent mortels.
Les chars étaient tirés par 2, 3 ou 4 chevaux et de façon tout a fait exceptionnel, on pouvait assisté a des courses de chars tirées par 12 chevaux !
Le circus maximus de Rome mesuré 1500 m et pouvaient contenir 300 000 spectateurs, soit 1/3 de la ville !
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D’autres spectacles, plus populaires encore, mettaient en scène les combats de gladiateurs. Prisonniers de guerre, condamnés, professionnels ou simples aventuriers, entraînés à tuer dans le sable de l’arène.
De véritable “Star de leur temps, les gladiateurs magnifient ce que les Romains admirent par-dessus tout : la force et le courage.
Les gladiateurs les plus talentueux jouissaient d’une immense popularité : un thrace surnommé Suspirium Puellarum, « le soupir des jeunes filles » mettait en transe les femmes de Pompéi !
De la même façon qu’un joueur de football réputé, un gladiateur célèbre rapporte beaucoup d’argent à son écurie, c’est pourquoi il bénéficie des meilleurs soins et d’une vie relativement confortable.
Après plusieurs victoires, le gladiateur peut obtenir un sabre de bois - le rudius - signe de sa libération. Certains, devenus riches, deviennent des notables respectés.
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Pour plus de spectacles encore, des animaux (taureaux, ours, sangliers, crocodiles, molosses, lions, tigres, etc.) étaient également utilisés lors des jeux.
Soit simplement pour l’exécution des prisonniers, soit lors de chasse complexe où des chasseurs expérimentés traquent des bêtes féroces dans des décors naturels reconstitués sur le sable de l’arène.
Lors de l’inauguration du Colisée, 9000 animaux venus des quatre coins de l’Empire sont massacrés dans l’arène.
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Enfin, chose complètement extravagante et inégalée même de nos jours, le Colisée pouvait se transformer en bassin géant pouvant accueillir des navires de guerre !
Auguste fera ainsi reconstituer la bataille navale de Salamine avec 3000 combattants figurant les Athéniens et les Perses devant 50 000 spectateurs en liesse.
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Des spectacles qui devaient être grandioses et qui en comparaison, rendent totalement insipides les coupes du monde de football ou de rugby moderne.
Toutefois, ces «matchs» avaient propoblement le même rôle social que nos sports modernes.
Panem et Circenses «du Pain et des Jeux», cette célèbre expression reprise régulièrement dans les débats politiques modernes, symbolise parfaitement les besoins primaires d’une foule et nous rappel sans cesse la similitude de notre société avec celle des Romains.
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