Les vétérans de Rome

22 01 2008
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Légionnaire
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Ce dimanche, l’avant-dernier poilu est décédé à 110 ans. Une longue vie pour ce vétéran de la “Grande Guerre”.
Jacques Chirac lui avait promis des obsèques solennelles de portée nationale, mais Louis de Cazenave a préféré des obsèques en toute simplicité.
La nation regarde d’un oeil plus ou moins distrait disparaitre les derniers témoins de cet épisode sombre de notre pays.
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À Rome, le traitement réservé aux anciens soldats était de la plus haute importance, notamment après les réformes du consul Caius Marius en -107 où l’armée fut rationalisée, professionnalisée et ouverte à tous, posant ainsi les bases des armées modernes.
Une fois leur service militaire effectué - d’une durée d’environ 20 ans - le soldat a le choix entre rempiler dans un corps d’élite ou prendre sa retraite.
La libération des vétérans donne lieu à une cérémonie solennelle et ces derniers obtiennent privilèges, somme d’argent et lopin de terre.
Ces récompenses et la citoyenneté accordée aux soldats motivent les habitants de tout l’empire à intégrer les glorieuses légions. Un apport inestimable de valeureux combattant, carburant essentiel de l’immense machine de guerre romaine.
De plus, l’octroi de terres aux vétérans dans les zones les plus reculées de l’empire participe activement aux maintiens de la Pax Romana et par conséquent à la stabilité de l’empire.
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Une ingénieuse stratégie plaçant le soldat romain au coeur de tout le procédé de pacification et de civilisation du monde tel que Rome l’envisageait.
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Solstice d’hiver

9 01 2008

Vieux Père Noël

Les fêtes de fin d’année que nous connaissons aujourd’hui prennent leur racine dans l’Antiquité, bien avant le christianisme ou l’invention du Père Noël de Coca-Cola.
Les Romains, les Celtes et les Germains célébraient en cette période de l’année des festivités aux rites étrangement similaires aux nôtres. Cette période correspond au solstice d’hiver qui marque le rallongement des jours.

À Rome, les citoyens fêtaient les Saturnales en l’honneur du Dieu Saturne. De grandes festivités étaient organisées où tous les excès étaient permis. Les hommes et les femmes portaient des guirlandes autour du coup et s’offraient des cadeaux. Les esclaves jouissaient d’une relative liberté, devenant les égaux des citoyens. Les maitres devenant parfois, pour un temps, les serviteurs de leurs esclaves. Tous participaient à des ripailles, buveries et autres orgies. Une explosion de débauche, de vice et de violence.

À partir du règne d’Aurélien, les Romains fêtent officiellement le Sol Invictus (soleil invaincu). Le jeune dieu solaire était sensé surgir d’une grotte sous la forme d’un enfant nouveau-né. Une légende qui fait évidemment écho à une autre naissance.

Chez les Celtes, chaque mois lunaire correspond à un arbre. Pendant cette période le sapin, arbre de vie - toujours vert en hiver - était au centre des festivités. Ils faisaient de grands feux pour lutter contre les ténèbres. Le sapin de Noël moderne, avec ses guirlandes et ses boules lumineuses, n’évoque-t-il pas un sapin en flamme ?
De plus, les femmes et les enfants décoraient un arbre de blé, de fruits et de fleurs.
Autre détail troublant, les Celtes évoquaient également le dieu Gargan, un bon géant portant une hotte remplie de cadeaux.

Les Germains et les Nordiques, aux traditions plus brutales, célébraient la tradition de Yule pour fêter le solstice. Ils décoraient également des arbres, mais avec les corps d’animaux et d’esclaves sacrifiés. Des fêtes en somme très joyeuses.
On retrouve également un personnage similaire au Père Noël. Hellequin chez les Germains et Odin, le dieu de la guerre des Vikings, qui récompensaient ou punissaient les enfants sage ou désobéissant. Je pense que les enfants scandinaves devaient avoir un comportement exemplaire face à la menace d’un père Noël aussi effrayant !

En fouillant un peu plus loin, on s’aperçoit que même dans les cultures d’Afrique et du Moyen Orient, existaient des rites assez similaires.
Une légende raconte que le dieu Baal fut sacrifié sur un sapin avant de ressusciter. La tradition veut que l’on décore un sapin d’or et d’argent afin de célébrer la renaissance du dieu.
Une histoire qui fait penser étrangement à un autre dieu crucifié.





La tour de Babel

3 12 2007

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Le chiffre est tombé il y a quelques jours : 1,5 milliard d’individus sont capables de parler anglais. Soit un quart de la planète !
Mais les bureaux linguistiques anglais affirment qu’on n’en restera pas là. Ils estiment que ce chiffre devrait atteindre les 3 milliards d’ici à 10 ans !

En voyant ce chiffre renversant, je ne peux m’empêcher de penser à l’antique mythe de la tour de Babel.
La légende raconte que les premiers hommes parlaient tous la même langue. Afin de célébrer l’humanité, ils décidèrent de construire une immense tour qui monterait jusqu’aux cieux. Un édifice colossal capable de loger tous les Hommes dans une seule et même cité.
Mais la légende raconte que le puissant créateur - craignant que l’Homme soit ensuite capable de réaliser l’impossible - entra dans une grande colère. Pour punir l’humanité de sa vanité, il multiplia les langues afin que les hommes ne se comprennent plus.
Ainsi, la construction de Babel s’arrêta, et les hommes se dispersèrent sur la terre.

Une histoire aussi vieille que le monde, dont la première mention apparait dans les textes sumériens. Peuple issu de la basse Mésopotamie (Irak actuel), inventeur de l’architecture et de l’écriture.
L’Origine possible de ce mythe prend racine à Babylone. Il s’agirait d’Etemenanki («la maison fondement du ciel et de la terre»), une ziggourat (une pyramide à étage) dédiée au dieu Mardouk.
Il ne subsiste plus rien de cet édifice hormis son empreinte au sol.

La tour de Babel est évoquée dans la genèse :

Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. [...] Ils se dirent l’un à l’autre : Allons ! Faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment. Ils dirent encore : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.

L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Et l’Éternel dit : Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris ; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté. Allons ! descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres. Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la Ville.

Gènese, chapitre 11 versets 1 à 9.





Le divorce dans l’antiquité.

22 10 2007

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De nos jours, le divorce d’un chef d’Etat fait la Une de tous les journaux.
Certains bien-pensants considèrent cela comme amoral voir même préjudiciable à la capacité professionnelle de l’intéressé.
Une agitation futile que nos ancêtres auraient probablement perçu comme risible !

Contrairement aux idées reçues, le divorce n’est pas un concept moderne.
En Grèce antique le divorce est déjà chose courante.
Chez les Romains, le divorce devient rapidement une banalité à peine formelle. Le mariage est simplement assimilé à un contrat facilement rompu par l’une ou l’autre des parties.
On raconte même qu’un certain Gaius Cilnius Maecenas, plus connu sous le nom de “Mécène” aurait répudié sa femme mille fois, pour aussitôt lui refaire la cour et de nouveau l’épouser.

Le divorce -comme beaucoup d’autres droits que l’on considère aujourd’hui comme “moderne”- est devenu proscrit avec l’installation hégémonique des religions monothéistes.

Anecdote intéressante, dans les premiers temps de la République romaine le divorce devait être justifié. On retrouvait alors au même niveau : être infertile, avoir commis l’adultère, avoir fait un double des clefs ou avoir empoisonné ses enfants!