La Porte d’Ishtar

17 06 2008

La Porte d’Ishtar

L’autre jour, en passant devant le rayon BD d’un grand magasin, une couverture attire mon attention. Plus exactement, un dessin de sphinx à tête barbue qui me rappelle étrangement les représentations ornant les temples Sumerien.
En examinant la couverture de plus près, je me rends compte avec surprise que la BD a pour titre La Porte d’Ishtar“, du nom d’une des huit portes de la cité mythique de Babylone !

Mais l’intérieur de la BD est encore plus surprenant : outre la qualité graphique des illustrations, les auteurs semblent s’appuyer sur des documentations solides pour reconstituer la Cité disparu.

Le scénario se base sur une enquête policière : une jeune scribe nommée Taliya, est fraichement promue par la Reine au poste de “Scribe de Justice royale“, l’équivalent moderne d’une sorte de procureur.

À travers Taliya, nous découvrons la société Babylonienne du 9° siècle av. J.-C. et son système de Justice à la fois très archaïque (condamnation brutale, recourt au jugement divin) et très moderne (investigation rationnelle et présomption d’innocence).

Alors que Taliya est une jeune femme sans expérience dans un milieu exclusivement masculin, elle se retrouve rapidement plongée dans une sombre affaire de meurtre. Ses investigations l’amènent à soupçonner un complot de vaste envergure, impliquant de hauts dignitaires de Babylone !

Une histoire en somme très classique, mais qui ne sert en réalité que de prétexte pour une balade au coeur de la grande Babylone à la découverte de ses monuments et de ses habitants.

Espérons que le regain d’intérêt du marché de la Bande Dessinée pour les histoires antique se poursuive.

À quand l’épopée d’Alexandre, de César ou d’Hannibal en BD ?!

Scénario : Alain PARIS
Dessin : Simon DUPUIS
Titre : La Porte d’Ishtar
Tome : 1 – La Nuit des Masques
Edition : Les Humanoides Associés





La Momie aux amulettes

16 06 2008

La Momie aux amulettes

L’Égypte est connue depuis l’antiquité comme le pays des momies.
D’autres peuples ont pratiqué des rituels de momifications plus ou moins complexes. Mais c’est sous le règne des pharaons que cette pratique est incontestablement la plus rependue.

Les musées du monde entier regorgent de momies de toutes les dynasties s’étalant sur une période de plus de 3500 ans.

Grâce à la technologie moderne, le musée de Besançon dévoile aujourd’hui une grande exposition inédite sur les résultats des dernières recherches concernant les méthodes et les rituels d’embaumement de l’Égypte ancienne.
En plus des quelque 300 objets présentés, le musée met à l’honneur imagerie scanner et reconstitution 3D de l’intérieur des momies.
Des technologies qui ont l’avantage de ” disséquer ” les momies en détail, sans les endommager !

Un pas de plus vers la compréhension de cette tradition entourée de sombres légendes.

Comme chacun sait, les Égyptiens de l’antiquité croient qu’une conservation matérielle du corps du défunt permet de poursuivre sa vie dans l’au-delà.
Mais en réalité, ce n’est pas si simple. La momie revêt un symbolisme religieux bien plus fort.

Dans le mythe, Seth, après avoir démembré Osiris, disperse ses restes aux quatre coins de l’Égypte. Isis emplie de chagrin réussi à réunir les différentes parties de son amour perdu et lui insuffle la vie à nouveau. Les deux amants enfin réunis donnent même naissance à un fils : Horus, qui vengera son père.
Osiris est donc la première momie, le Dieu de Morts et le garant de la vie dans l’Au-delà.
Les rituels d’embaumement et de momification célèbrent le mythe originel.

Au moment de la mort, les embaumeurs pratiquent des manipulations complexes et détaillées.
La première étape consiste à extraire le cerveau par les narines à l’aide d’un crochet métallique.
Ensuite, les tarycheutes (embaumeurs) retirent les viscères thoraciques et abdominales, excepté le coeur et les reins.
Les organes extraits sont lavés avec du vin de palme et des liqueurs, avant d’être déposés dans des réceptacles – les vases canopes – .
Le corps est ensuite rempli de gomme de cèdre, de myrrhe, de cannelle, et d’autres parfums.
Toutes les cavités évidées sont comblées par des compresses de tissu, l’incision suturée et le corps déposé pendant 70 jours dans un bain de natron sec – minéral d’origine vaporique – favorisant la déshydratation du corps.
À la fin de cette période, le corps est enveloppé de bandelettes imprégnées de gomme arabique.
Durant cette ultime préparation, des amulettes et des papyrus couverts de formules extraites du ” Livre des Morts “, sont déposés sur le corps.
Pour finir, le corps est emmailloté dans des linceuls de toile et déposé dans le sarcophage.

L’évolution des technologies modernes dans le domaine de l’imagerie et de la reconstitution tridimensionnelle laisse présager une augmentation importante du potentiel d’exploration des momies.
La dissection au scalpel appartient désormais au passé.

Les enfants d’Osiris ne seront plus jamais dérangés dans leur repos éternel.








Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.